lundi 1 août 2016

Les cheveux de Bérénice de Denis Guedj, Seuil 2003.

Résumé:
Comment mesurer la Terre trois siècles avant J-C? En Égypte , Eratosthène,  le directeur de la bibliothèque d' Alexandrie s'attèle à la tâche tandis que son élève devient un pharaon déroutant.

Un style?
L'écrivain écrit comme s'il donnait un cours d'histoire ou de maths.  C'est un peu gênant pour l'intérêt de l'histoire qui en pâtit quelque peu bien que par moments on se laisse prendre.

Un avis définitif?
Ce roman est fait pour les férus d'Egyptologie,de mathématiques et de géographie.

Un aveu?
Je ne l'achèverai pas. J'aime être happée par une histoire et ses personnages, or là ce n'est pas le cas. Mais encore une fois, c'est un avis complètement subjectif.

dimanche 24 juillet 2016

Charlotte de David Foenkinos,

Un avant-goût?
L'auteur reconstitue l'histoire de Charlotte Salomon, une artiste-peintre juive allemande déportée dont l'œuvre posthume s'intitule " Vie ? ou Théâtre ?",  et en parallèle raconte le parcours qu'il a suivi pour comprendre son personnage.

Un style?
L'auteur choisit un style dépouillé, sobre et simple: des phrases courtes, au présent de l'indicatif et un retour systématique à la ligne. C'est un récit tout en retenue et à la charge émotionnelle forte.

Un avis?
Bravo, monsieur Foenkinos.
Le récit est réussi et bouleversant.  L'auteur partage avec délicatesse son admiration  pour la singularité tragique et le génie de cette jeune artiste à qui il rend hommage en lui redonnant une vie éternelle.

mardi 19 juillet 2016

Régine Detambel, les livres prennent soin de nous, essai , Actes Sud, 2015.

Le sous-titre de cet essai permet de comprendre le propos de l'auteure:" pour une bibliothérapie créative". En effet , cet essai défend la thérapie de certains désordres psychologiques par la lecture
d' œuvres. L'essayiste plaide pour une bibliothérapie qui s' appuie sur la littérature, la poésie plutôt que sur la lecture de traités  de développement personnel. Elle explique pourquoi et comment. Évidemment la posologie demande une adaptation à chaque patient. 

Mon avis: cet essai plaide une convaincue. C'est la littérature qui fait de moi la personne que je suis. C'est elle qui m'élève  au dessus de ma condition animale, de mes travers et de mes faiblesses. C'est grâce à elle que je regarde avec bienveillance le monde et les autres. La littérature aide à mieux vivre. 


lundi 18 juillet 2016

Jane Austen et mon premier jugement .

La première fois que j'ai lu "Orgueil et Préjugés " de Jane Austen, je n'ai pas trouvé ce roman extraordinaire. Il y avait trop de dialogues selon moi et un trop joli happy end pour figurer dans le panthéon des chefs d'œuvre.

Puis j'ai lu "Persuasion" que j'ai beaucoup aimé. Alors j'ai lu et relu tous les Austen. Et finalement, je me suis ravisée. Austen est une grande romancière. Pourquoi ? Parce qu'elle écrit bien, parce qu'elle est une excellente observatrice de l'âme humaine, qu'elle manie l'ironie avec finesse et que derrière ses romances se dessine une satire des valeurs et des mœurs de son époque.

Donc j'assume: je suis une janéite.




Elisabeth Ross,Belle Époque, Édition les Incorruptibles, Éditions Robert Laffont, 2013.

Si j'étais vilaine, je dirais que le seul intérêt de ce roman est la nouvelle Les Repoussoirs d' Émile Zola qui figure à la fin du récit. Cette nouvelle est ce qui a inspiré l 'écriture du roman.

En réalité, on peut accorder quelque crédit à ce roman qui raconte la mésaventure d'une jeune provinciale qui faute de trouver un emploi correctement rémunéré se voit dans  l'obligation de travailler comme faire-valoir pour des bourgeoises en mal de reconnaissance.

Le roman répond  à une visée  pédagogique: encourager les jeunes filles à s'émanciper.

Le roman se lit facilement et s'oublie tout aussitôt. Rien de folichon. Ah ! Un bon point pour l'encouragement à se méfier des apparences du prince charmant.

vendredi 8 juillet 2016

Jack London,Martin Eden, paru en 1909, Éditions 10-18, 2015.

Comment dire que je suis déçue de ce roman?

Déjà, je n'aurais pas dû lire la préface qui dévoile la fin!

Puis dès les premières pages, j'ai trouvé que le récit avait des accents pseudo-romantiques pénibles et des traits gros comme la montagne.

J'ai essayé d'être indulgente et ai continué la lecture . Puis vers le milieu du récit je me suis mise à lire en diagonale pour accélérer la cadence , trouver un passage plus motivant. Mais non, rien n'y a fait, jamais le récit n'a pu me captiver. Non pas que cela soit mal écrit mais cela ne m'a pas touchée. Je pense que c'est dû à une question d'affinités personnelles. Il y a des hommes( et des femmes) avec qui je n'ai pas d'atomes crochus. Je ne les comprends pas et je ne les intéresse pas non plus. Et je crois que ce roman me fait cet effet.

Je crois même que la préface m'a davantage marquée que le roman lui- même .

Un résumé?C'est l'histoire d'un jeune marin sans éducation qui veut en avoir par désir de s'élever et mériter l'amour d'une jeune femme au dessus de sa condition et qui se prend de passion pour l'écriture.
Un avis définitif? Pour être honnête, ce n'est pas un mauvais roman. Le personnage est entier et a du caractère.Des questions intéressantes sous tendent le récit: l'art, l'éducation, l'amour, la bourgeoisie et ses valeurs, le travail, la vie, la mort.
Mais il ne m'a pas intéressée outre mesure.



jeudi 31 mars 2016

Proust

J'ai longtemps évité Proust. J'avais bien fait une tentative restée vaine. Pas moyen de le lire. Hormis quelques extraits de manuels de français. La fameuse madeleine, les  Verdurin. Et puis cette année, je me suis décidée.

J'ai passé mon mois de mars à lire Du côté de chez Swann. Je suis éblouie. Proust est un virtuose de la phrase complexe, un peintre et un analyste. Proust est ébouriffant, dépaysant. Une pierre précieuse, un extra- terrestre, une exception.

Je le lis très lentement, il est impossible de le lire vite. Je le lis comme on mange dans un restaurant gastronomique, avec délectation mais avec parcimonie.

Je ne ferai pas de résumé, pas de compte-rendu. On est au-delà du 20/20.
Je me trouve face à une œuvre , une rare. Il faut se taire donc. Et admirer. 

vendredi 19 février 2016

"Sur la route" de Jack Kerouac

Lu dans le cadre du challenge les Ricains et les classiques.

Mon résumé:
c'est le récit de périples sur les routes des Etats-Unis dans les années d'après-guerre, la seconde guerre mondiale j'entends.C'est aussi une histoire d'amitié entre le narrateur, un jeune écrivain ancien combattant, sans le sou,fasciné par l'idée de prendre la route et par les gens un peu différents, et l'un d'entre eux justement, un jeune voleur de voitures tout aussi passionné par la route, excellent conducteur et assoiffé de vie, de femmes et de mots et phrases compliquées à dessein.

Les rencontres sont l'occasion de portraits d'originaux qu'ils soient intellectuels, profs, ou paumés.Le narrateur aime les exclus, il les côtoie,se comporte comme l'un d'entre eux de gré ou de force.Les aventures virent aux beuveries, le narrateur se fourvoie, ses amis aussi, ils ont quelques bons moments, d'autres plus pénibles.

Le temps passe et l'on finit par se perdre. C'est un peu l'histoire d'une Amérique désabusée par l'absurde et le tragique de la vie.

Mon avis:

Bien écrit (entre niveau de langue oralisée et familière et envolées lyriques, une sorte de Céline américain) mais une densité qui finit par lasser vers le dernier tiers du roman. C'est un récit de la loose , du gâchis d'un potentiel humain mis à mal par les difficultés de la vie. Je ne le conseille pas aux déprimés, aux acquis de la cause désespoir.
Je le conseille aux amateurs de "road trip", de complexité humaine, de personnages décalés, de paysages américains,de jazz (il y a des passages d'anthologie sur la musique et certains musiciens).
Il y a aussi un passage étonnant et psychédélique sur la spiritualité et les renaissances .

Ma note? j'arrête de noter dorénavant. Je dirai simplement s'il faut l'avoir lu ou si l'on peut s'en passer.Pour ce roman donc, à caractère autobiographique, je dirais qu'il faut l'avoir lu, pour comprendre une certaine Amérique et comprendre aussi toutes les nuances, perturbations,complexités et limites d'un homme, des hommes.

dimanche 24 janvier 2016

Cartes Postales de Chantal Spitz

Publiées aux Éditions Au Vent  des Îles en 2015, les nouvelles de Chantal Spitz, " Cartes Postales" ont un titre ironique. En effet, l'auteur raconte des histoires dramatiques en contradiction avec l'image idyllique de Tahiti. Âme sensible s'abstenir.

En effet, ces récits sont sordides, on les (re)connaît  car les faits divers s'en font les échos de temps en temps. Pire, on a tous parmi nos connaissances ces épaves , paumés et malheureux dont elle raconte le cheminement.

Pour elle, c'est le système post-colonial qui en est responsable. Je pense qu'elle dirait néo-colonial ou colonial tout court d'ailleurs. Celui qui a amené les essais nucléaires, les salaires surélevés, les valeurs occidentales et a eu pour conséquences le passage d'une économie vivrière à une économie tertiaire factice,la  perte des repères, des identités, l'assistanat,la marginalisation et l'exclusion.

Chantal Spitz a le sens de l'injustice vrillée dans l'âme. Il faut l'entendre en parler lors d'interviews, elle n'est jamais dans le politiquement correct.

Je me rappelle d'une conférence sur le peintre Paul Gauguin à laquelle on l'avait conviée, dans le concert des louanges sur sa peinture, elle osa déclarer qu'il n'était qu'un pédophile, allusion à sa liaison avec une toute jeune fille polynésienne.

On ne reste pas indifférent à Chantal Spitz, elle a écrit deux précédents romans: L'île des rêves écrasés et Hombo.
Le premier dénonce le choix de la Polynésie pour les essais nucléaires. Le récit est un peu manichéen. Les Blancs idiots. Les Tahitiens sages. Les demis ( les métis) mal à l'aise dans leurs doubles identités. Il n'y a que Chantal Spitz pour parler de Blancs , on ne le dit pas à Tahiti, on dit  " popaa",dérivé de "papaa", qui veut dire à plus juste titre " brûlés" par les coups de soleil. Le Tahitien a le sens de l'image. Bref, si l'auteur utilise "Blanc" c'est qu'elle emploie un discours anti-colonial.

Le second roman est admirable de mon point de vue. Il raconte le mal être d'un jeune qui d'abord grandit heureux chez ses grands-parents au mode de vie traditionnel et en  langue  tahitienne mais qui va ensuite mal vivre le déracinement scolaire avec l'usage du français et le mode de vie parental aliéné au mode de vie occidental. La plume de l'auteur est alerte et littéraire( elle aime l'accumulation, l'utilisation de verbes,d'adverbes,de néologismes , l'absence de ponctuation dans ses énumérations est judicieuse, c'est du français détourné de son usage habituel qui traduit l'âme de la langue tahitienne,il me semble, la mise en page de certains passages est poétique,c'est en cela que Chantal Spitz est peut être le seul vrai écrivain tahitien francophone). Le dénouement est ouvert et on imagine une issue possible.

En revanche, je n'ai pas aimé " Cartes Postales" . Les mots sont vulgaires, c'est une diatribe nauséeuse. C'est vraiment une lecture déprimante et qui n'apporte pas d'espoir ni de solution. C'est contribuer à la morosité ambiante. Avec une jeunesse plus instruite mais moins philosophe que les précédentes c'est un recueil qui peut faire plus de mal que de bien.




samedi 16 janvier 2016

Juste avant le bonheur, Agnès Ledig.

Ce livre est sur ma table de chevet depuis des mois. Je ne sais pas pourquoi je ne l'ai pas lu plus tôt. Si j'avais su, je ne me serais pas privée de ce plaisir si longtemps.

Mais je crois que je vais me contenter d'être évasive pour préserver l'histoire. Il me suffit de dire que je l'ai lu d'une traite et que je vais le donner à mes proches. Ce qui veut dire que je l'ai vraiment apprécié.

Mais avant je vais relever quelques citations de phrases qui m'ont plu.

Ma note: 16/20. J'ai enlevé des points pour les coquilles ,une faute d'accord et quelques tournures qui ne m'ont pas plu.Et un dénouement un peu poussif.

jeudi 14 janvier 2016

Bilan lecture: Le clan des Otori, tome 2, Les Neiges de l'exil,Lian Hearn

Première lecture du challenge wish-list (1/20) et du challenge un mois-une consigne (1/12).

J'ai plutôt bien apprécié cette lecture car elle a capté mon attention. Tel est l'un de mes critères d'évaluation d'une lecture. Si j'ai du mal à lâcher le livre pour toute autre activité, c'est qu'il me plaît.

L'humour est pourtant absent de ce volume contrairement au premier qui correspondait à l'adolescence du narrateur et qui pouvait ainsi traduire son état d'esprit. Je trouvais d'ailleurs que l'auteur n'était pas très à l'aise avec l'humour, comme si elle s'y forçait.

Dans cette partie de l'histoire,le héros doit suivre des règles qui ne lui correspondent pas, agir contre ses premiers principes éducatifs et donc rien ne le porte à plaisanter.

Le second personnage principal qui est l'amoureuse du héros est éloignée de lui et doit résister habilement aux hommes qui seraient en droit de décider de son destin. Elle doit donc  manœuvrer pour rester libre. Cela m'a bien intéressée car la narration joue sans doute  sur la peur que nous éprouvons,nous, femmes nées au XX siècle de revenir en arrière et d'être comme nos mères et grand-mères soumises à l'autorité des pères, maris, frères...Certes l'histoire se déroule dans un Japon féodal, au milieu de seigneurs et d'allégeances multiples, mais ce sentiment de révolte et d'impuissance est ancré en moi, je me sens concernée et solidaire de toutes ces femmes qui ont manqué et qui manquent encore de liberté ailleurs, mais pas si loin.C'est pour moi quelque chose d'abominable d'être privée de son libre-arbitre en tout. Donc rien qui soit gai non plus.

L'écriture n'est pourtant pas austère, elle est tempérée par la description poétique de l'hiver, cela m'a apporté un dépaysement, pour moi qui vis au soleil et dans la chaleur toute l'année. L'écriture est aussi adaptée à la jeunesse ( à partir de 14-15 ans, dirais-je), rien de  littéraire ce n'est pas l'ambition de l'auteur, c'est un simple roman d'aventures avec un niveau de langue correct.

Enfin, les décisions prises par la jeune femme sont expliquées et couronnées de succès, c'est assez jouissif , peut-être irréaliste, mais la fiction est aussi là  pour nous donner de l'espoir.

Le dénouement est un peu expédié, ai-je trouvé.
Enfin le récit crée des attentes assez faciles à deviner quant à la suite. Mais j'ai envie d'aller vérifier en la  lisant .

Ma note sera de 16 sur 20.